Une nouvelle forme d'escroquerie particulièrement élaborée circule actuellement, visant à tromper la vigilance des citoyens directement à leur domicile. Plusieurs signalements font état de la distribution de faux avis de contravention déposés dans des enveloppes blanches anonymes au sein des boîtes aux lettres. Cette pratique, qui s'appuie sur l'usurpation de l'identité de professionnels du droit, a notamment été identifiée dans la commune de Noyelles-Godault, où la municipalité a dû alerter ses administrés. Ces documents sont accompagnés d'un courrier prétendant provenir d'un commissaire de justice pour instaurer un climat de pression.

Une usurpation d'identité et des incohérences administratives majeures

A première vue, l'avis de contravention a bien l'air d'un vrai. On y retrouve l'en tête habituelle avec le numéro de l'avis, le vrai lien vers le site officiel ou encore les QR code et autres codes-barres. Encore plus fort, le faux PV précise le nom et l'adresse exacte du destinataire!

Un faux avis de contravention reçu par courrier

Pourtant, en y regardant de plus près on décèle la supercherie. Le langage utilisé trahit les faussaires par des formulations approximatives et des fautes de syntaxe grossières. On y retrouve par exemple la mention "le montant de votre amende est à", une phrase qui ne répond à aucune logique rédactionnelle. La mise en page présente également des erreurs typographiques indignes d'un document d'État, allant jusqu'à couper le mot "tribunal" en deux parties distinctes sur deux lignes différentes dans la section consacrée aux modalités de contestation. La partie montant de l'amende contient également une phrase sans queue ni tête.

Des anomalies sur le paiement et la procédure de verbalisation

Au-delà de la syntaxe, le contenu de ces faux courriers comporte de nombreux autres problèmes. Celui qui doit lancer immédiatement le signal d'alarme aux destinataires du courrier est la procédure de paiement. Les fraudeurs demandent un règlement sur le RIB d'un huissier de justice, ce qui n'est pas possible pour un avis de contravention officiel. Il existe de nombreux moyens de paiement pour les amendes radars mais le virement bancaire n'en a jamais fait partie.

D'autres erreurs entachent ce document. Déjà, il est fait mention d'un excès de vitesse mais alors que l'avis doit impérativement mentionner la vitesse retenue, cette donnée est totalement absente. On ne trouve pas non plus la mention du modèle de radar utilisé pour constater l'infraction.

De plus, on constate que le nombre de points de permis retirés ne correspond pas à l'infraction mentionnée. Ou encore que le montant de l'amende minorée est identique à celui de l'amende forfaitaire!

Le modèle de radar utilisé n'est pas mentionné

Les réflexes de sécurité et les moyens de vérification officiels

Face à la réception d'un tel document, la règle d'or est de ne procéder à aucun paiement immédiat, quels que soient les termes menaçants employés dans le courrier d'accompagnement. Si vous avez des doutes sur la véracité d'un avis de contravention, le premier réflexe doit être la vérification de l'existence réelle de l'infraction. Un avis de contravention doit forcément indiquer le lieu, la date et l'heure de l'infraction. Si vous n'étiez pas sur les lieux au moment de l'excès de vitesse, il s'agit probablement d'un faux PV.

Mais l'arme ultime pour vérifier une contravention est le site officiel de l'Agence Nationale de Traitement Automatisé des Infractions (ANTAI). En saisissant le numéro de l'avis, sur la page "Consulter votre dossier d'infraction", il est facile de s'assurer de l'authenticité de la procédure. Si le document reçu ne figure pas dans la base de données de l'État, il s'agit avec certitude d'une tentative d'escroquerie. Vous pouvez la signaler en commissariat ou en brigade de gendarmerie et porter plainte.

Publié le 20 avril 2026