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Les radars mis hors-service par les agriculteurs ne sont pas restés absents du bord des routes très longtemps
Le bras de fer entre le monde agricole et le gouvernement avait laissé des traces sur nos routes. Souvenez-vous : il y a quelques semaines à peine, les radars fixes et autonomes devenaient les cibles privilégiées d'une fronde paysanne galvanisée par l’opposition au traité Mercosur. Entre les cabines emballées dans du plastique noir, celles ensevelies sous des montagnes de fumier ou carrément arrachées par des tracteurs pour être exhibées comme des trophées sur les ronds-points, la parc de radars automatiques était durement touché.
Le radar de Cahors "exposé" sur un rond-point
On se rappelle notamment l’image saisissante d’un radar chantier trainé sur la route puis jeté au bûcher en Gironde, symbole d’une révolte qui pensait avoir durablement mis un grand nombre de radars hors d'état de nuire. Pourtant, ce répit n'était qu'une illusion, une parenthèse enchantée pour les automobilistes qui s'est refermée très rapidement.
Le radar de Cestas jeté au feu par les agriculteurs
Loin de l'agitation des manifestations, une logistique de l'ombre s'est mise en marche pour rétablir l'ordre en un temps record, à peine les braises de la contestation éteintes. À peine deux mois après avoir été réduit en cendres, le fameux radar de l'A63 a déjà retrouvé sa place, comme si de rien n'était. Ce tour de force se répète partout en France : des camions chargés de cabines flambant neuves sillonnent les départements les plus touchés pour remplacer les unités détruites en piochant directement dans les stocks stratégiques de l'État.
Une armée de radars neufs en stock
De la Loire au Rhône, en passant par le Nord ou l'Ariège, les services techniques ont opéré un nettoyage chirurgical, dégageant les immondices et les pneus pour rendre leur vue aux objectifs laser. La vitesse de réaction est telle que le nombre de radars autonomes en service est déjà reparti à la hausse, grimpant de 405 unités début février à 437 aujourd'hui, avec l'objectif assumé de retrouver un rythme de croisière de 500 cabines d'ici la fin du mois de mars.
Un camion chargé de radars neufs remplace les radars détruits
Ce retour en force ne se limite pas aux radars mobiles. C'est aussi le cas pour les radars tourelles. Ceux "déguisés" en sapins de Noël ou recouverts de bâches ont été libérés de leurs entraves très rapidement. Ceux qui ont subi de plus lourds dégâts, qu'ils aient été déracinés à Cahors, volatilisés à Saint-Félix-Lauragais ou encore incendiés en de nombreux autres endroits, ont été réinstallés avec une célérité qui contraste avec les délais habituels des travaux publics. En quelques semaines, l'État a envoyé un message clair : si la colère sociale peut ponctuellement aveugler les radars, la machine à sanctionner possède une résilience à toute épreuve. La trêve est bel et bien terminée, et le maillage du territoire est désormais presque totalement restauré, ne laissant aux manifestants que le souvenir d'une victoire symbolique mais éphémère.
Remise en place d'un radar tourelle détruit lors des manifestations agricoles